Seneca on Body
Letters on the body, physical health, and its relation to the soul.
5 lettres
Lettre 14: Jusqu'à quel point il faut soigner le corps
Sénèque affirme que si nous nous occupons naturellement de notre corps, nous ne devons pas être asservis par cette préoccupation, car la crainte excessive du mal corporel—en particulier face au pouvoir d'autrui—trouble notre paix bien plus que les épreuves naturelles telles que la pauvreté ou la maladie. La véritable sécurité réside dans la philosophie, qui nous enseigne à éviter de provoquer les puissants sans avoir l'air de les fuir, et à trouver la liberté par une vie philosophique modeste plutôt que par l'engagement politique.
Lettre 15: Des exercices du corps. – De la modération dans les désirs.
Sénèque soutient que la véritable santé consiste en la pratique philosophique plutôt qu'en l'exercice corporel, et qu'on doit cultiver l'esprit par un effort modéré tout en évitant l'entraînement physique excessif et la poursuite anxieuse des biens futurs. Il exhorte Lucilius à pratiquer la gratitude pour les bénédictions présentes et à fixer des limites au désir plutôt que de courir après des acquisitions sans fin.
Lettre 54: Sénèque attaqué de l'asthme. Préparation à la mort.
Sénèque décrit sa lutte contre l'asthme, une condition qui mime les derniers moments de la mort, mais il en profite pour méditer sur la mortalité elle-même. Il se console ainsi que Lucilius en arguant que la mort n'est qu'un retour au néant qui a précédé la naissance, état qui ne causa alors aucune souffrance et ne devrait en causer aucune maintenant ; ainsi le sage, en voulant ce que la nécessité imposera, transforme une mort forcée en un départ volontaire et n'a jamais besoin de craindre l'heure dernière.
Lettre 66: Que tous les biens sont égaux et toutes les vertus égales
Senèque soutient que toutes les vertus et leurs biens correspondants sont foncièrement égaux parce qu'ils procèdent tous de la droite raison, qui est divine et immuable. En prenant l'exemple de son ami Claranus pour montrer que la vertu transcende les circonstances physiques, Senèque affirme que la joie et la souffrance, la santé et la maladie, la prospérité et l'adversité présentent des biens égaux quand la vertu les guide, car les conditions externes importent moins que la qualité inébranlable de l'âme qui produit l'action vertueuse. Il conclut que les louanges appartiennent également à tous ceux qui agissent vertueusement, quelles que soient leurs circonstances, favorables ou difficiles.
Lettre 78: Le mépris de la mort, remède à tous les maux. L'opinion, mesure des biens et des maux.
Sénèque offre une consolation philosophique à Lucilius sur sa maladie, arguant que le mépris de la mort et la compréhension juste de la nature de la douleur rendent la souffrance supportable. Par la discipline rationnelle de l'esprit, le détachement des préoccupations corporelles et la concentration sur la vertu, on peut transformer la maladie en occasion de démontrer la force d'âme et d'atteindre la paix intérieure.